Investisseurs

Outil de financement et d’accompagnement de la croissance d’entreprises locales dans la durée, le capital investissement a démontré une rentabilité supérieure, justifiant ainsi la contrainte de non-liquidité inhérente à toute stratégie d’investissement dont la performance repose sur une véritable création de valeur dans le temps.

Pour les investisseurs, le capital investissement représente une opportunité de diversification caractérisée par :

  • un couple « risque/espérance de rendement » élevé par rapport à la plupart des autres classes d’actifs
  • un certain degré de dé-corrélation par rapport aux indices des marchés boursiers
  • une liquidité et une volatilité différentes de celles des actifs cotés

Depuis 2000, les capitaux levés auprès d’investisseurs étrangers – notamment auprès d’organismes de développement internationaux (SFI, BERD, BEI, BAD et autres) – sont passé de 20 à 63% alors que les levées de fonds au Maroc se contractent. Cette augmentation témoigne de la confiance de ces investisseurs internationaux à l’égard de l’industrie marocaine du capital investissement mais également des contraintes du dispositif national pour les fonds transrégionaux.

Le TRI brut moyen calculé sur les sorties effectives sur la base de 74 cessions est de 14,8% à fin 2017, en augmentation par rapport à 2016 (13%).

Le capital investissement offre aux investisseurs institutionnels une option de diversification de placement à long terme dans une classe d’actif performante.

Classe d’actif performante

Dans la constitution d’un portefeuille d’investissement, certains investisseurs estiment que la rentabilité à long terme des fonds d’investissement serait plus intéressante que les placements en actions cotées et obligations. Plusieurs études à ce sujet (JP Morgan, Morgan Stanley et HSBC entre autres) démontrent que sur le long terme, la performance du capital investissement se vérifie.

La réalisation d’investissements en capital dans des entreprises non cotées permet aux investisseurs d’être peu exposés aux fluctuations des marchés boursiers. L’investissement est ainsi moins vulnérable aux changements de conjoncture.

L’analyse comparative de la performance des classes d’actifs au niveau national, menée par l’AMIC sur la période de 2000 à 2013, a démontré que le capital investissement au Maroc réalise une performance similaire au marché boursier marocain, et surperforme en moyenne les autres classes d’actifs, avec un TRI Brut de 16% entre 2000 et 2013.

Diversification des placements

Le capital investissement couvre les besoins de financement d’une entreprise quel que soit son stade de développement. Cette opération permet en effet de financer sa création, sa croissance, sa transmission ou encore sa recapitalisation. Cette spécificité est un atout qui permet aux investisseurs de diversifier leurs engagements à l’intérieur même du capital investissement et ainsi, de limiter la prise de risques.

Par ailleurs, la diversification peut également se faire en investissant dans des secteurs d’activités différents voire dans des zones géographiques variées.

Fortement axé sur les entreprises en développement, le capital investissement marocain tend à se diversifier et à se spécialiser au niveau des secteurs et des stades de développement des entreprises investies.

Horizon d’investissement à long terme

La durée de vie moyenne d’un fonds d’investissement oscille entre 10 et 12 ans. Elle comporte une phase de détention de participations dans les sociétés investies, qui est d’environ 4 ans et demi au Maroc, et une phase de cession de ces participations. Toutefois, la durée réelle d’un fonds peut varier en fonction du rythme d’acquisitions, de la conjoncture économique et des capacités de l’équipe de gestion en matière de sortie.

Investir dans la durée offre aux investisseurs la possibilité d’amortir les effets de cycle liés aux spécificités des secteurs, à la conjoncture économique ou à la stratégie d’investissement des fonds.

En fonction de ses objectifs et contraintes, l’investisseur arbitre entre trois modes d’investissement :

Direct dans des sociétés non cotées      

L’investissement direct se fait sans interface entre l’investisseur institutionnel et l’entreprise non cotée investie.

Cette approche présente certains avantages mais nécessite une solide expérience de l’investisseur et de son équipe en matière de capital investissement, une allocation de fonds conséquente et un deal flow à la fois important et de qualité.

Avantages

  • Contrôle total sur les investissements permettant d’orienter librement la stratégie de placement
  • Accès direct aux sociétés non cotées permettant d’économiser les commissions de gestion

Inconvénients

  • Responsabilité totale de l’investisseur en capital qui s’expose directement au risque de chaque participation
  • Nécessité de fonds importants afin de pouvoir opérer une diversification suffisante des investissements
  • Nécessité d’une équipe interne de gestion expérimentée et très spécialisée en mesure d’assurer la négociation, la conception de l’investissement, la gouvernance des sociétés investies et la maîtrise des différentes sorties envisageables
  • Nécessité d’un deal flow important tant qualitativement que quantitativement afin de posséder assez d’opportunités d’investissement pour décentraliser le risque

À travers un fonds d’investissement géré par une société de gestion                                        

L’investissement à travers les fonds se fait par une sélection de fonds d’investissement dans lesquels les investisseurs institutionnels vont intervenir parmi d’autres investisseurs. Les sociétés de gestion prendront ensuite des participations dans plusieurs entreprises.
Cette approche présente quelques inconvénients mais permet aux investisseurs de déléguer certaines responsabilités et de limiter la concentration des risques.

Avantages

  • L’investisseur institutionnel peut choisir les fonds d’investissement en fonction de sa stratégie d’investissement
  • La multiplication des sociétés de gestion permet d’élargir le champ des opportunités d’investissement
  • Les fonds d’investissement doivent rendre des comptes directement aux investisseurs institutionnels
  • De nombreux gestionnaires de fonds prennent part aux comités des sociétés dans lesquelles ils investissent afin de participer au développement de ces dernières
  • Les sociétés de gestion ont acquis un important niveau d’expertise en matière de capital investissement

Inconvénients

  • Nécessité d’avoir une équipe interne en charge de la sélection des fonds, du suivi de la relation avec les gestionnaires et autres
  • Nécessité d’allouer des ressources relativement importantes à l’équipe en charge de la gestion de la relation avec les gestionnaires de fonds
  • Frais de gestion

À travers un fonds de fonds géré par un gestionnaire de fonds de fonds

L’investissement via les fonds de fonds se fait par une sélection de gestionnaires de fonds de fonds qui vont ensuite eux-mêmes sélectionner des fonds d’investissement dans lesquels investir.
Cette approche est idéale pour les investisseurs institutionnels qui ne possèdent pas d’équipe interne dédiée au métier du capital investissement ou n’ont pas suffisamment de fonds à allouer pour diversifier leurs placements. Toutefois, cette approche présente des inconvénients, en matière de frais et de contrôle, liés à l’intervention d’un intermédiaire supplémentaire dans l’opération.

Avantages

  • Accès à un important portefeuille de sociétés permettant de diversifier les risques
  • Expertise et connaissance du capital investissement par les gestionnaires de fonds de fonds
  • Possibilité de se lancer dans le Capital Investissement sans avoir à investir directement ni à dédier un service interne à cette activité
  • Faible contrainte en termes de gestion puisque l’investisseur n’a qu’un seul interlocuteur

Inconvénients

  • Frais supplémentaires liés aux deux niveaux d’intermédiation
  • Plus grande distance avec le marché du Capital Investissement
  • Durée d’investissement légèrement plus longue que celle de l’approche par un fonds d’investissement

Le taux de rentabilité interne (TRI) brut moyen calculé sur les sorties effectives sur la base de 74 cessions est de 14,8% à fin 2017, en augmentation par rapport à 2016 (13%).

Le multiple global du secteur est de 2 (1,2 pour l’amorçage/risque, 2,4 pour le développement et 1,6 pour la transmission.)

Les taux de croissance annuels moyens (TCAM) du chiffre d’affaires et des effectifs des entreprises investies à fin 2017 sont respectivement de 14,9 %(versus 12,3% en 2016) et 16,7% (versus 10,5% en 2016) confirmant l’impact positif du capital investissement en matière de création de valeur et d’emploi. En 18 ans, ce sont plus de 5300 emplois qui ont été créés dans 92 entreprises.

L’intervention des fonds dans les entreprises crée également une dynamique extrêmement bénéfique en matière de responsabilité sociale et environnementale : mise en œuvre de plans annuels de formation et de chartes d’éthique et de valeurs, gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences ou encore actions environnementales et sociétales.

L’impact des fonds est encore plus significatif en matière de gouvernance. Cette dernière s’impose de façon drastique dans les mois qui suivent la prise de participations avec près de 100% des sociétés investies mettant en place audits, comités de suivi de l’activité, outils de reporting, indicateurs de performances et de tableaux de bord ainsi que des politiques de définition et de suivi des budgets.

Guide Investisseurs Institutionnels